Guérande
L'actuel presbytère
La collégiale Saint-Aubin

 

Enfant déposé entre les gisants du seigneur de Carné et de sa femme, dans la crypte de la collégiale Saint-Aubin, Nicolas a été recueilli et élevé par le chanoine Le Floch. Dans le second chapitre de L’Énigme des Blancs-Manteaux, Nicolas, qui a quitté Guérande pour Paris depuis quinze mois, y revient pour enterrer son tuteur :

« [Nicolas] suivait machinalement les chants et les prières, refermé sur lui-même. II considérait le vitrail qui surmontait le maître-autel et qui représentait les miracles accomplis par saint Aubin, patron du sanctuaire. La grande ogive de verre et de pierre, aux dominantes bleues, perdait peu à peu son éclat dans l'ombre hivernale qui montait. Le soleil avait disparu. Il s'était épanoui le matin dans la transfiguration du levant, il avait resplendi dans la gloire du milieu du jour, il déclinait maintenant.
[...]
L'église était à présent envahie par les ténèbres. Le granit, comme il arrive en hiver, pleurait à l'intérieur. Aux fumées de l'encens et des cierges se mêlait une vapeur d'eau exsudée par les murailles sombres. Le Dies irae éclata comme une conclusion sans espoir. Tout à l'heure, et dans l'attente de la sépulture définitive, les pauvres restes seraient déposés dans la crypte, près des gisants.
Nicolas songea que c'était précisément là qu'il avait été abandonné, et que le chanoine Le Floch, il y aurait bientôt vingt-deux ans, l'avait découvert et recueilli. L'idée que son tuteur retrouvait la terre à cet endroit même lui fut comme une mystérieuse consolation. »

Vitraux de la collégiale

Mourant, le seigneur Tristan de Carné avait demandé à être inhumé dans la chapelle de Cremeur de la collégiale Saint-Aubin, au côté de "feue madame de Carné, sa compaigne". Il fit sculpter les gisants que l'on peut voir dans la crypte.

La dalle funéraire fut découverte en 1850, lors de fouilles archéologiques, puis de nouveau enfouie. En 1855, la pierre tombale fut placée dans l'angle sud-ouest de la chapelle basse de la collégiale. On édifia alors un cénotaphe aux armes des familles des deux défunts. La plaque, qui reprenait l'épitaphe disparut vers 1967 et c'est l'Association des amis de Guérande qui commanda à un décorateur de Nantes – Guillermic – la nouvelle plaque, qui reprend le texte en lettres d'or sur fond de bois.  :

CI GIST NOBLE ET PUISSANT SEIGNEUR TRISTAN DE CARNÉ EN SON VIVANT CHEVALIER HÉRÉDITAIRE, PREMIER MAISTRE D'OSTEL DES DUCS DE BRETAGNE, SERVANT AU LE DICT ESTAT LA REINE ANNE, DUCHESSE DE BRETAGNE MAESTRE D'OSTE DES ROIS LOUIS , ROY FRANÇOIS ET DE MONSEIGNEUR FRANÇOIS.

CI GIST TRE NOBLE ET VERTUEUSE DAME MADAME JENNE DE LA SALLE FEMME DE MONSIEUR TRISTAN DE CARNE ET DAME DE CARNE, DE LA TOUCHE CARNE, DE COHIGNAC, CREMEUR ET HERITIERE DE LA SALIE ET CETTERA, LAQUELIE TREPASSA A CRËMEUR L'AIN 1526. DIEU LUI FASSE MISERICORDE.

 
Les gisants, entre lesquels Nicolas fut déposé.

L'ancienne demeure de Pierre de La Bouexière, sénéchal de Guérande, est devenue le presbytère à la fin du XVIIIe siècle. L'aile Sud est ajoutée au XVIIIe siècle.